APPROCHE ARTISTIQUE par Vincent Piednoir (rédacteur en chef adjoint de Jour de Chasse)

Lors du Salon Animal Art d’Auteuil de 2016, le public a eu l’opportunité de découvrir une partie de l’œuvre de Pauline Planchon. Le travail de l’artiste avait alors consisté à revisiter, par la photographie, la richesse de la nature morte – en s’inspirant notamment des grands peintres des XVII et XVIIIe siècles, et en faisant la part belle à la thématique cynégétique.

Compositions soigneusement pensées, jeux d’ombres et de lumières savamment orchestrés : empreinte de gravité, l’esthétique développée par Pauline Planchon et la fécondité de ses implications philosophiques ont à la fois révélé un œil neuf sur la beauté de l’inanimé et une approche classique de l’intention artistique, au charme indiscutable.

De fait, le jury du Salon n’avait pas caché son enthousiasme : en lui décernant le Prix de la Révélation, il offrait à cette véritable disciple de Saint Hubert – rompue, de surcroît, aux sciences vétérinaires – une reconnaissance méritée.

Cependant, si Pauline Planchon continue aujourd’hui d’explorer les potentialités de la nature morte photographique, elle a choisi – à l’occasion de cette nouvelle édition du Salon, réalisée en ligne – de mettre au jour une tout autre dimension de sa sensibilité à l’égard de la faune sauvage, une dimension qui se décline en deux séries distinctes.

La première présentée ici – et où la Nature, cette fois, est on ne peut plus vivante – fut réalisée au cours de plusieurs safaris effectués en Tanzanie et en Afrique du Sud. Eléphants, zèbres, lions, léopards et autres girafes y sont capturés au diapason d’un regard éminemment subjectif, instinctif, sinon capricieux : dans le détail d’une scène dérobée à la brousse, dans la posture parfois cocasse de l’animal, son apparente désinvolture ou sa réelle curiosité – Pauline Planchon a su admirablement puiser l’angle juste, celui qui confère au sujet toute sa beauté, sa charge d’insolite, aussi. En noir et blanc, par la seule magie du contraste, l’essence de la faune africaine conserve ainsi et sa bigarrure et sa puissante vitalité. L’art de l’affût, l’art de l’approche, et quelque chose de plus : ce rien d’originalité qui fait d’un quelconque cliché une authentique photographie.

Dans la seconde série, plus récente, l’artiste nous transporte vers une région dont le moins que l’on puisse dire est qu’elle déborde de poésie sauvage : la Camargue. Là, parmi ces paysages d’eau et de liberté où la contemplation est encore possible, Pauline Planchon rend visuellement compte de la fascination qui l’habite depuis fort longtemps pour les chevaux – leur vigueur, leur fougue, mais aussi leur douceur. Ses sujets – traités au gré d’un dépouillement extrêmement suggestif – jouent sur la puissance impérieuse du blanc auquel semblent résister le gris et le noir, comme s’il s’agissait d’œuvres exécutées au fusain sur un support de neige… La pureté de la robe de ses chevaux renvoie immédiatement à la présence du divin, à une certaine aspiration à la transcendance – caractéristique palpable, en vérité, au sein de toute la production de Pauline Planchon. Enfin, dans cette même série, le public découvre ou redécouvre également l’élégance presque précieuse – et en tout cas unique – de l’un des oiseaux les plus emblématiques de la Camargue : le flamant. Sauf qu’ici, sortie de l’onde des étangs, la silhouette du bel échassier a troqué son rose naturel pour un blanc quasi immaculé… qui la révèle d’autant.

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