Je me suis engagé dans deux voyages là où la neige s'étend à perte de vue et où le silence règne en maître. Initialement, j’avais imaginé cela comme une quête photographique dédiée aux animaux dans leur habitat enneigé. La réalité de la Laponie et du Svalbard s'est avérée bien plus complexe que je ne l'avais prévu. Confronté à des tempêtes impitoyables et à des températures extrêmes, j'ai dû m'adapter et changer de sujet par la force des choses. Je n’ai rencontré aucune présence animale ou presque. Il a fallu que je regarde les choses différemment et m’adonner à la contemplation de paysages si atypique pour quelqu’un qui vit loin de ces régions polaires. Entourés de passionnés j’ai dû tout apprendre sur la photographie de paysage et cela dans un environnement ou le froid et le vent ne facilitent pas les choses . Dans ce projet, intitulé « No Man's Light », ce territoire polaire, souvent considéré comme hostile est avec la lumière jamais constante le sujet principal. La lumière change selon les conditions climatiques, créant une interaction dynamique qui façonne l'essence même du paysage. Dans cette série, La lumière est devenue un personnage central de mon récit, tel un guide spirituel dans ces terres désolées. J'ai cherché à capturer les instants où la lumière perçait les nuages, illuminant la neige tel un projecteur sur une scène qui révèle la beauté sauvage qui se cache en dessous. À travers « No Man's Light », j’explore cette notion d'espace inoccupé — un territoire où l'homme est à la fois témoin et intrus — tout en mettant en lumière la délicatesse et la complexité de ces paysages. L'absence apparente de vie m'a parfois laissé un sentiment paradoxal : je me sentais privilégié d'être témoin d'un monde où la nature règne en maître, tout en me sentant comme un intrus dans un paysage où l'homme a rarement sa place. Chaque instant passé dans ce territoire de glace me rappelait ma fragilité face aux éléments et m'offrait un point de vue unique sur la beauté brute et sauvage de notre planète fragile. À travers ce projet, j'aspire à captiver le spectateur visuellement et émotionnellement, en attirant son attention sur la beauté de ces environnements reculés et sur l'urgence de leur préservation. Ces paysages époustouflants, bien qu'éternels, abritent des écosystèmes fragiles, menacés par le changement climatique et l'activité humaine. Chaque image rappelle l'équilibre précaire entre nature et humanité, invitant à réfléchir sur notre place dans ce “No Man's Land” lumineux et sur l'importance de protéger notre planète pour les générations futures.
Dans les vastes étendues de Laponie, on est immergé dans un monde magique où la nature est drapée d'un manteau de neige immaculée presque toute l'année. Le ciel se transforme en toile de couleurs irréelles, variant avec le vent et les nuages, et chaque minute apporte une nouvelle palette de teintes, projetant une atmosphère unique sur ce terrain accidenté. À travers mon objectif, j'ai cherché à transporter le spectateur au cœur de ces paysages époustouflants, où le soleil timide se lève lentement, peignant le ciel de tons orangés et roses, et où la pleine lune baigne la nature d'un voile argenté. J'ai appris à travailler avec diligence dans ces conditions changeantes, trouvant les angles qui mettaient en valeur la rudesse de l'environnement tout en révélant sa pureté. Le jeu d'ombre et de lumière est devenu mon meilleur allié, accentuant les textures de la neige et la beauté éthérée de la nature sauvage gelée.
Mon exploration s'est poursuivie à bord d'un petit brise-glace à travers l'immensité polaire du Svalbard. Les conditions inhabituelles pour la saison m'ont à nouveau confronté à des environnements extrêmes, où la faune se faisait rare. Émerveillé par la beauté brute de ces étendues blanches, j'ai ressenti une profonde humilité face à la majesté de la nature. La lumière oscillait souvent entre dureté et douceur, illuminant le paysage de manière à révéler à la fois sa brutalité et sa grâce délicate. Capturer l'émotion de la nature par des températures extrêmes, parfois jusqu'à -36 °C, s'est avéré être un défi. Mon objectif d'immortaliser la faune sauvage s'est heurté à la réalité du milieu polaire, me poussant à redécouvrir la beauté des paysages eux-mêmes. Même dans ce décor monochrome, chaque élément dansait sous la lumière du soleil, révélant de nouveaux aspects du terrain à chaque heure. Les paysages, souvent monotones dans leur blancheur, se transformait en une sorte de puzzle visuel ; chaque fois que je pensais avoir trouvé l'instant parfait, une rafale de vent ou un nuage changeait le tableau.
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